Quel est le destin des dissidents en Serbie ?

Je suis Andrej Fajgelj et j’ai osé penser librement.

Прочитај на српском     Read in English

A cause de cela, j’étais progressivement banni de la vie publique : des organisations que j’ai fondées, des projets que j’ai menés, des journaux, pour lesquels j’écrivais des articles les plus lus et qui n’osent plus me publier.

Finalement, j’étais réduit au dernier refuge de la liberté, celui que nous devrions tous avoir, ma maison familiale, et mon espace sur internet. Quand j’ai eu quelque chose à dire, j’ai exprimé mon opinion chez moi, avec mes propres mots, je l’ai enregistré sur mon ordinateur et publié sur mon blog et mes réseaux sociaux. Soi-même chez soi. Je n’ai pas frappé à la porte de personne. Mais on a frappé à la mienne.

Notre maison a été perquisitionnée par les forces spéciales de la police, ils ont saisi mes ordinateurs, m’ont arrêté devant mes enfants et m’ont mis en détention.

Vucic mentait: «En aucun pays il ne serait pas libéré. Aucun pays au monde. Aucun pays au monde. De l’Argentine au Canada, de l’Australie à la Russie et aux pays scandinaves, il ne serait libéré nulle part, jamais. »

J’ai écrit aux ambassades des pays mentionnés, et aux autres, en demandant s’il était vrai que dans leurs pays je serais arrêté pour avoir critiqué Vucic et l’OTAN sur Facebook, et je ne serais libéré jamais. Je n’ai pas eu de réponse.

Quels hypocrites ces libéraux ! Ici, le tyran peut bien couper nos têtes. Tant que leurs intérêts sont protégés, ils sont contents. Valeurs, démocratie, droits de l’homme, libertés, ils s’en moquent de tout ça.

Ça ne me fait pas rigoler. En tant qu’ennemi public, je risque toujours cinq ans de prison ferme. Ils retiennent toujours mes ordinateurs.

J’ai essayé de me débrouiller. J’ai acheté un ordinateur moins performant à crédit. Mais il est tombé en panne dans des conditions mystérieuses. Mon blog est aussi mystérieusement en panne.
Mon ordinateur est aussi un outil de travail. En plus de l’activisme, mon activité professionnelle se trouve menacée aussi, et le danger de perdre mon emploi est réel. Si je perds mon emploi je perdrai ma maison, et je finirai à la rue avec quatre enfants.

Tel est le destin des dissidents en Serbie. Portes fermées, mains liées, bouche scotchée, sort scellé.

Si je ne parlais que contre Vucic, je n’aurais pas de problèmes. De nombreux membres de l’opposition ont les finances et la couverture médiatique et tout autre soutien. Mon problème est de parler contre le dogme libéral-progressiste qui se trouve derrière Vucic et l’OTAN et le mondialisme.

Ils ont tout le soutien et ils travaillent pour quiconque les paye. Mais à qui s’adresser si on n’accepte de travailler que pour son peuple ? Qui est le peuple ?

Le peuple c’est toi. Et tu es le seul auquel je peux m’adresser.

Dans l’ordinateur en panne est resté un brouillon d’un livre intitule « Après Vucic ». Dans ce livre j’explique comment on peut remplacer non seulement Vucic, mais aussi le dogme libéral-progressiste dont il dépend. Si cela n’est pas fait, après Vucic, nous aurons Vucic.

Si vous voulez que le livre soit publié, vous pouvez devenir donateur ou souscripteur en versant une somme au compte bancaire en Serbie ou en ligne sur la platforme Indiegogo.

Je sais que, comme nous, vous n’avez pas d’argent. Je sais que d’autres familles aussi font face au danger de finir à la rue. Je sais que des hommes meilleurs ont enduré des choses pires pour avoir travaillé pour le peuple. Je sais qu’il y a des besoins plus pressants.

Mais je sais aussi que seuls les peuples qui luttent pour la liberté peuvent être libres. Notre peuple serbe, même pendant les jours les plus sombres de l’esclavage Turc, avait les haïdouks, qui étaient capables « de parvenir, de s’évader, et d’endurer dans un endroit terrible », qui étaient prêts à lutter pour la liberté, contre l’empire. Mais même les haïdouks ne pouvaient pas exister sans soutien.

Je peux et je veux lutter. Je peux publier le livre avant les élections et contribuer à changer les choses. Mais sans soutien mes mains sont liées. Cette fois cela ne dépend pas de moi. C’est vous qui décidez si celle-ci est ma dernière annonce publique, ou si je viens juste de commencer.

Après avoir publié ce vidéo, je retournerai l’ordinateur emprunté et je resterai encore sans internet.

Vous m’aiderez en partageant cet appel. Vous m’aiderez en contribuant un centime.

Car chaque centime reçu de son peuple vaut plus que les millions des puissances étrangères.

Source: igg.me/at/poslevucica

Epilogue

J’ai ramassé tout l’argent, acheté le même ordinateur que celui que la police a saisi, écrit et publié le livre ”Après Vucic”. Vous pouvez acheter ou télécharger le livre ici. Merci de tout mon coeur car vous m’avez confirmé qu’il valait la peine de croire.

Прикупљање средстава за После Вучића

Повезани чланци

De Charlie à la charia « Des morts on ne dit que du bien », avaient écrit les Grecs anciens, et nous les Européens le transmettions de génération en génération. Ju...
La Serbie: frontière ou transition entre orient et occident ? Mon intervention au 7ème Festival de Géopolitique à Grenoble.
Avant-propos de ma thèse de doctorat Avant-propos de ma thèse doctorale « Phraséologie et idéologie comparées dans l’art de l’épopée : Homère, chansons de geste, gouslé », soute...

Остави коментар.