De Charlie à la charia

« Des morts on ne dit que du bien », avaient écrit les Grecs anciens, et nous les Européens le transmettions de génération en génération. Jusqu’au mai soixante-huit et la destruction des traditions.

suischarlie

Прочитај на српском

L’hebdomadaire Charlie Hebdo, « fils de mai soixante-huit » a débuté en Novembre 1970 avec la dérision d’un défunt. Le nom Charlie était une allusion railleuse à Charles De Gaulle qui venait tout juste de décéder. Les fondateurs ne pouvait faire plus après l’interdiction de leur magazine précédent pour la dérision de sa mort à la couverture.

La liberté d’expression n’était qu’un paravent, comme cette étoile jaune que Charlie a dessiné sur l’anus de Mahomet. Ce paravent est la liberté tout juste autant que cette étoile est le symbole de l’Union Européenne.

C’est avec un grand soulagement qu’on découvre que Charlie ne se moque pas de ses collègues morts. On a tous quelque chose de sacré. Un mot blasphématoire à propos de Charlie sur Facebook a suffi de faire arrêter l’humoriste Dieudonné, également connu pour profiter de la liberté d’expression pour être bête et méchant.

En 1999, l’OTAN a tué plus de personnes à la Télévision de Serbie que les islamistes au Charlie Hebdo. Le monde ne s’était pas mobilisé pour la vie humaine ni pour la liberté d’expression, ni alors, ni quand la Télévision de Novi Sad (deuxième ville de Serbie), a été rasée. Charlie était trop occupé à publier des caricatures antiserbes à l’appui des bombardements.

D’ailleurs, le bombardement de la Serbie est le frère cadet du « fils de soixante-huit ». Javier Solana à la tête de l’OTAN, ministre de la guerre allemand Joschka Fischer, administrateur du Kosovo Bernard Kouchner, commandant de la KFOR Klaus Reinhardt… ils sont si nombreux que l’opération peut être nommée « la guerre des soixante-huitards ».

Sous leur administration, le Kosovo a connu le nettoyage ethnique, la destruction sans précédent des lieux saints chrétiens et le crime le plus horrible des guerres en Ex-Yougoslavie: le vol d’organes dans la « Maison jaune ». Confronté à ce crime, l’humanitaire Kouchner a éclaté de rire. Le ricanement soixante-huitard résonne encore en Serbie.

Le militant anti-OTAN Solana a été le premier à envoyer l’OTAN à la guerre. Le gauchiste Fischer a été le premier depuis Hitler à envoyer des troupes allemandes à l’étranger. La transformation des extrémistes anti-guerre grisonnants en bellicistes ne doit pas vous surprendre. Ce n’est qu’une mue d’un vieux loup, qui change l’internationalisme pour l’atlantisme, mais ne change pas de caractère.

Dans son best-seller récent « Le suicide français » Erik Zemmour passe en revue les 40 ans de leur travail de sape sur l’identité et les traditions françaises par la méthode « dérision, déconstruction, destruction ». Résultat: un Stade de France qui siffle la Marseillaise. Dans les tribunes, des Français nouveaux, enfants d’immigrés de la Seine-Saint-Denis, qui mettent leur foi et leurs origines différentes non seulement devant, mais aussi contre leur appartenance à la France. Comme les assassins de Charlie.

La ressemblance avec la haine de soi serbe et les résultats des communistes et libéraux-libertaires serbes ne s’arrête pas là. Des craintes que la Seine-Saint-Denis pourrait subir le sort du Kosovo se font entendre de plus en plus souvent.

L’Europe a-t-elle bien choisi le slogan « Je suis Charlie » ? Il est confessé avec fierté même par l’Union européenne qui a refusé de mentionner ses racines chrétiennes dans sa constitution et de figurer ses grands hommes sur l’euro. Une identification en première personne pareille, presque religieuse, semble extrêmement inhabituelle, d’autant plus qu’elle ne se rapporte pas à des hommes, mais à une entreprise, à du papier.

A l’occasion du 11 Septembre, nous ne disions pas « Je suis une tour jumelle », mais « Nous sommes tous les Américains », alors que Charlie a même assourdi Ahmed, le policier qui a donné sa vie pour le défendre.

Charlie a été choisi parce qu’il est un symbole. « Je suis Charlie » signifie « Je suis fils de soixante-huit ». Au moment du grand retour des souverainistes gaullistes, les soixante-huitards français espèrent que l’attaque de Charlie Hebdo consolidera l’emprise de leur idéologie, comme le 11 Septembre avait intronisé celle des néo-conservateurs, leurs frères d’armes atlantiques et frères de racines trotskistes.

De cette façon, le problème serait résolu par ceux qui l’avaient causé. À l’islamisme radical ils opposeraient le libéralisme radical; leur dérision ferait face à la foi, natalité et puissance des islamistes; ils forceraient les musulmans dans les bras des islamistes par leurs insultes tout en les repoussant de la civilisation européenne par leur haine de soi et leur „deux poids, deux mesures”. Pour finir, ils nous jetteraient dans le djihad droit-de-l’hommiste.

Une telle politique peut être appelée « offrir l’Europe à Mahomet » ou « De Charlie à la charia ». Heureusement que nous ne sommes pas tous fils de soixante-huit.

Andrej Fajgelj, « ‘Шарли’ син шездесетосмаша », Вечерње Новости, 22. janvier 2015, p. 18.

SarliNovosti

Повезани чланци

Serbs: fighting Islamic State from the beginning Muslim conquests started with attacks against the East Roman Empire in the 7th century. For defense, Serbs were settled along the frontier. ...
2nd International Danube Conference on Culture From this place we want to send a strong statement about how we think about our future.
„Шарли“ син шездесетосмаша О покојнику све најлепше, записали су још стари Грци, а ми Европљани преносили са колена на колено. А онда је наступила 1968. са својим руше...

1 коментара

Остави коментар.